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7 novembre 2025

  • Photo du rédacteur: Philippe Selot
    Philippe Selot
  • 7 nov.
  • 4 min de lecture

La journée a commencé en douceur avec un café-croissant au restaurant Toi et Moi, installé dans le home de la Bourgeoisie de Berne. Une bonne dose de caféine et de convivialité avant de rejoindre le cœur battant de la politique suisse.


En chemin, j’ai profité pour rappeler à nos participants les différents départements fédéraux et les sept Conseillers fédéraux (Ministres) qui les dirigent. Ils ne sont que sept, mais soyons honnêtes : même parmi les Suisses, rares sont ceux qui peuvent tous les nommer sans hésiter…


Après le passage obligé par le contrôle de sécurité, notre visite a commencé sous la conduite d’une guide passionnante et pleine d’humour. Elle nous a introduits dans le hall de la coupole, un espace monumental orné de symboles sur la création de la Confédération Helvétique et d’anecdotes sur la construction du bâtiment. Puis vinrent les deux lieux les plus emblématiques : la salle du Conseil national (l’Assemblée Nationale) et la salle du Conseil des États (le Sénat), où se réunissent les représentants de la population et des cantons.


La visite s’est conclue dans la salle des pas perdus, élégante et accueillante, elle sert aussi de lieu de réception. Quelques tables et fauteuils permettent aux parlementaires de discuter, parfois d’échanger des idées – et, qui sait, peut-être même de se mettre d’accord.


Avant de quitter le Palais, nous avons admiré la vue spectaculaire depuis la terrasse, dominant les toits de Berne et le cours de l’Aare, la rivière qui coule à travers Berne, s’ouvrant sur les majestueux sommets de la Jungfrau, de l’Eiger et du Mönch – la fameuse trilogie des Alpes Bernoises.


La suite de la journée fut consacrée à la visite de la vieille ville de Berne, où histoire, architecture et bonne humeur se sont harmonieusement mêlées.


Pour mes lecteurs qui ne connaissent pas (encore) la capitale fédérale, voici quelques repères : Berne fut fondée en 1191 par le duc Berchtold V de Zähringen et rejoignit la Confédération en 1353. Depuis 1983, sa vieille ville figure au Patrimoine mondial de l’UNESCO, grâce à son exceptionnel état de conservation médiéval et à ses près de 6 km d’arcades qui bordent les rues du centre. Aujourd’hui, la commune compte environ 140 000 habitants, et avec l’agglomération, près de 430 000.


Notre visite a commencé dans une maison patricienne datant de 1690, à première vue anodine, mais chargée d’histoire. Construite pour une illustre famille bernoise, elle fut transformée en immeuble locatif en 1930. En 1942, un certain Allen Dulles, agent des services secrets américains (l’OSS, ancêtre de la CIA), y emménagea. Depuis cet appartement discret, il dirigeait la section suisse de l’agence et recueillait des informations précieuses durent la deuxième guerre mondiale sur l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste. Pas banal pour un immeuble de la vieille ville !


En direction de la Fosse aux ours, où nous avons prévu de déjeuner, nous avons admiré les élégants bâtiments construits en molasse, cette pierre sédimentaire typiquement bernoise, aux reflets bleu-vert.


Mais pourquoi une fosse aux ours, me direz-vous ? La légende raconte que lorsque le duc de Zähringen fonda la ville, il ordonna à ses hommes de chasser le premier animal rencontré. Ce fut un ours, d’où le nom de « Berne » — dérivé de Bär, ours en allemand. Pour honorer cet animal, une fosse fut aménagée, devenue depuis un lieu emblématique de la ville (et rassurez-vous, les ours d’aujourd’hui vivent dans un espace bien plus adapté !)


Nous avons déjeuné au restaurant Altes Tram Depot, l’ancien dépôt de tramways, transformé en brasserie conviviale, juste à côté de la fosse. Les ours semblaient déjà prêts pour leur hibernation, mais nous, bien éveillés, avons savouré la bière artisanale fait maison, un bon repas et la vue splendide sur l’Aar.


L’après-midi, nous avons poursuivi la promenade vers l’Hôtel de Ville, construit en 1406, siège du gouvernement cantonal bernois, puis vers la Cathédrale de Berne, dont la première pierre fut posée en 1421. Érigée sur l’emplacement d’une ancienne église romane, elle devint protestante après la Réforme de 1528. Sa flèche, achevée en 1893, culmine à 100,6 mètres, ce qui en fait le clocher le plus haut de Suisse.


En chemin, nous avons fait halte devant l’appartement d’Albert Einstein, qui vécut à Berne de 1903 à 1905 avec son épouse Mileva. À cette époque, il travaillait à l’Office fédéral de la propriété intellectuelle, où il examinait les brevets. Il se qualifiait lui-même, avec humour, d’« expert technique de troisième classe ». C’est pourtant dans ce cadre modeste qu’il formula la fameuse équation E = mc². Comme quoi, les grandes idées n’ont pas besoin d’un grand bureau !


Avant de rejoindre la gare, d’où mes collègues ont pris le train pour Thoune – la base de notre groupe de randonneurs –, nous avons encore admiré le Zytglogge, la célèbre tour de l’horloge. Érigée d’abord comme tour fortifiée en 1218, elle fut reconstruite après le grand incendie de 1405. Elle abrite aujourd’hui une horloge astronomique indiquant la position du soleil, de la lune et des étoiles. À chaque heure pleine, un spectacle mécanique anime la façade : coq, bouffon, ours en défilé, Chronos et chevalier se succèdent avec précision et humour.


Nous nous sommes arrêtés devant plusieurs autres bâtiments historiques avant de conclure cette belle journée. Mes collègues furent ravis : ce n’était peut-être pas une randonnée au sens strict, mais certainement une belle aventure culturelle et conviviale.


Et pour ceux qui auraient manqué l’occasion, je recommande vivement de revenir à Berne le quatrième lundi de novembre, pour assister à l’incontournable Zibelemärit, le marché aux oignons. Selon la légende, après le grand incendie de 1405, les paysans de Fribourg aidèrent à déblayer les ruines, et, en remerciement, obtinrent le droit de venir vendre leurs oignons à Berne. Une belle histoire, même si les historiens la jugent un peu embellie… Aujourd’hui, cette foire attire des visiteurs de toute la Suisse, ainsi que d’Allemagne et de France — preuve qu’à Berne, même les oignons savent créer des liens !


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