19 novembre 2025
- Philippe Selot

- 19 nov.
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Cet après-midi, j’avais rendez-vous avec mon chirurgien pour rencontrer l’équipe complète qui participera à ma prochaine opération du pied. Une véritable réunion de haut niveau : le neurochirurgien, le chirurgien vasculaire, un professeur venu de Bâle – considéré comme une référence en chirurgie du pied –, le chef du service d’orthopédie de l’hôpital où je serai opéré, mon chirurgien principal, ainsi qu’un assistant venu de Milan pour un stage. Quand une équipe pareille vous donne collectivement son feu vert pour une huitième intervention, on se dit qu’on est entre de bonnes mains… même si cela fait beaucoup de blouses blanches dans la même pièce. Reste à savoir s’ils auront tous assez de place dans la salle d’opération !
Après les présentations, nous avons passé en revue l’état actuel de mon pied. Les spécialistes ont discuté entre eux des différentes étapes de la procédure, échangeant des termes techniques à une vitesse que mon cerveau n’a pas vraiment pu suivre. Heureusement, l’essentiel est clair : eux savent exactement ce qu’il faut faire, et c’est bien tout ce qui compte.
Nous avons ensuite abordé le calendrier opératoire. Initialement prévue le 1er décembre, l’intervention a été décalée au 15 décembre en raison des disponibilités de l’équipe. Je dois avouer que ce changement ne m’enchante pas vraiment, je m’étais préparé mentalement au 1er, et l’impatience commence à se faire sentir. Mais il faudra finalement patienter encore un peu. Autre détail moins réjouissant : je quitterai l’hôpital juste avant les fêtes, et en cas de complications, que personne ne souhaite, évidemment, je risque de passer Noël à l’hôpital. Pas exactement l’ambiance feu de cheminée et sapin de Noël que j’avais imaginée.
Le programme du jour J est clair : admission le 15 au matin, prise de sang, entretien avec l’anesthésiste, puis début de l’opération à 13h00. Celle-ci durera plusieurs heures. On m’implantera un clou tibio-talocalcanéen (TTC) rétrograde, pour utiliser le vocabulaire chirurgical. Concrètement, une tige en titan sera insérée depuis l’os du talon jusqu’au tibia en passant par la cheville, afin de stabiliser l’ensemble. Les articulations tibio-tarsienne (ATT) et sous-astragalienne (ASA), qui relient la jambe au pied, seront fusionnées. Je ne pourrai donc plus utiliser ma cheville, mais comme elle ne fonctionne déjà plus depuis plus d’un an, ce changement ne sera pas aussi radical qu’il en a l’air.
Le pied sera repositionné et l’espace autrefois occupé par l’articulation de la cheville, détruite par les infections à staphylocoques, sera comblé avec de la masse osseuse prélevée sur mon propre bassin (ou éventuellement issue d’une banque osseuse). Utiliser ma propre greffe évite au moins tout risque de “désaccord” biologique.
L’intervention est complexe, mais l’équipe est expérimentée et déterminée. Après l’opération, m’attendent au minimum douze semaines de plâtre. Ensuite viendra le passage dans une chaussure orthopédique, que j’ai déjà reçue lors d’une opération préalable, avant de commencer la réhabilitation. Si tout se déroule comme prévu, je devrais pouvoir profiter du printemps debout sur mes deux pieds.
Avant de rentrer, j’ai signé la déclaration de consentement confirmant que j’ai été informé des risques, y compris celui, très sérieux, d’une amputation. La prochaine étape sera la réception des questionnaires préopératoires de l’hôpital, l’un général et l’autre spécifique à l’anesthésie. Encore un peu de patience avant le “grand jour”.
Et pour terminer, quelques mots sur Deniz, le collègue réfugié kurde. Il vient de passer ses premiers examens… et il a brillamment réussi : en moyenne cinq points au-dessus de la moyenne de la classe. Une véritable performance, surtout quand on se souvient qu’il est le seul de son groupe à suivre directement cette formation, alors que tous les autres étudiants sont déjà infirmière ou infirmier diplômés.
Hier, il a dû réaliser sa première prise de sang intraveineuse. L’exercice était déjà assez stressant pour lui, mais il a en plus dû la faire sur un médecin qui enseigne. Malgré la pression, il s’est concentré, a respiré profondément… et piqué. Du premier coup ! Le sang s’est mis à couler comme il faut, et il a pu remplir deux éprouvettes sans la moindre complication. Pendant ce temps, d’autres étudiants ont transformé leur tentative en véritable champ de bataille !









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