8 janvier 2026
- Philippe Selot

- 8 janv.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 5 jours
Jeudi matin commence sur une note presque banale : je me réveille après une nuit enfin reposante. Enfin… presque. La veille au soir, le sommeil s’était montré réticent. Les médicaments semblaient peu convaincus par leur propre mission, et la pompe à fentanyl avait été débranchée dans la journée. Après concertation entre l’infirmière et le médecin de garde, la décision est prise : reconnexion de la pompe. Deux doses plus tard, le sommeil, visiblement rassuré, finit par se présenter. Comme quoi, même la douleur a parfois besoin d’arguments solides.
Au petit matin, le médecin assistant, le Dr Vacca, passe me voir avec une nouvelle qui change immédiatement la perspective : un retour à domicile est prévu pour le lendemain, vendredi. Il ajuste la médication, prépare l’ordonnance pour la pharmacie et augmente légèrement la dose d’opioïdes. L’objectif est clair et assumé : des douleurs maîtrisées et des nuits enfin paisibles. Une promesse qui, à ce stade, sonne presque comme un luxe.
La veille après-midi avait déjà marqué une étape importante. Un nouveau plâtre a été posé et le pansement entièrement refait. Des cataplasmes ont été appliqués afin de favoriser la cicatrisation et de réduire le risque d’infection. La soignante spécialisée dans la pose des plâtres, que je connais maintenant depuis plus de deux ans, a une nouvelle fois réalisé un travail remarquable. Le plâtre est parfaitement ajusté : stable, confortable et précis. Le professionnalisme, quand il se répète, devient rassurant.
Lundi matin, un contrôle est prévu au centre orthopédique avec Mme Jufer, spécialiste des plaies. Elle évaluera l’évolution de la cicatrisation. C’est également elle qui m’avait pris en charge lors de mon retour du Maroc, un fil de continuité appréciable dans un parcours médical déjà bien rempli.
Après la pose du nouveau plâtre, direction la radiologie. Deux clichés suffisent pour révéler toute l’ampleur de l’intervention. Le résultat est impressionnant. La nouvelle plaque mesure près de 20 centimètres et est fixée par six vis. Le clou implanté le 15 décembre est lui aussi maintenu par six vis. À cela s’ajoutent deux brides encerclant le tibia et la plaque afin d’augmenter encore la stabilité de l’ensemble. Une véritable construction de mécanique de précision. Ayant travaillé toute ma carrière dans ce domaine, je ne peux qu’admirer la qualité et la rigueur de ce travail. Quand le corps humain rencontre l’ingénierie, le résultat force le respect.
De vendredi à dimanche soir, une aide-soignante de la SPITEX viendra à domicile pour administrer les injections de Clexane, un anticoagulant destiné à prévenir les thromboses. En principe, dès lundi, ce traitement pourra être poursuivi sous forme de comprimés, sans assistance infirmière. Mi-février, un rendez-vous est prévu avec le Professeur Krause afin d’évaluer l’évolution de la convalescence. D’ici là, la consigne est claire : ne pas dépasser une charge de 20 kg sur la jambe, soit à peu près le poids de la jambe elle-même. Au cours des trois prochains mois, durant lesquels je porterai le plâtre, cette charge sera augmentée progressivement.
Enfin, demain vendredi, la logistique du retour s’organise. Urs, le fidèle voisin de ma mère, déjà présent lors de mon retour le 22 décembre, viendra me chercher après le repas de midi. Une halte à la pharmacie est prévue pour récupérer les médicaments. Une dernière étape avant de quitter l’hôpital, avec la satisfaction discrète de refermer un chapitre de plus dans cette aventure médicale, et l’envie très concrète de retrouver le confort de la maison.










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